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Népal : comment l’aide s’organise

Publié le 27 avril 2015

48 heures après le séisme dévastateur qui a déjà fait plus de 3.500 morts, l’aide internationale s’organise. Les associations, mais aussi les personnes présentes sur place se mobilisent.

Plusieurs milliers de morts et de blessés, des disparus, plus d’électricité ni d’eau à Katmandou : la situation au Népal est dramatique, après le séisme du 25 avril et ses répliques. Au niveau international, l’aide humanitaire se met en place mais se heurte à de nombreuses difficultés.

Contacté par Say Yess, Eric, un Canadien originaire d’Halifax, âgé de 23 ans, présent à Katmandou depuis un mois, raconte : « Pour la majorité des gens, la nourriture et l’eau sont difficiles à trouver. Même deux jours après, la plupart des magasins sont fermés. Seulement un ou deux restaurants ont ouvert leurs portes, et toute l’eau a été vendue. Les magasins ne peuvent pas répondre à la demande. C’est dangereux. Si des vivres ne sont pas disponibles rapidement, il pourrait y avoir des problèmes très sérieux. »

« On est dans une espèce d’impasse logistique et tout le monde piaffe mais comme il y a des répliques, on ne peut pas atterrir sur l’aéroport en permanence. On tourne en rond », explique ainsi Gilbert Potier, directeur des opérations internationales de Médecins du Monde, au micro de France Info.

Pour l’instant, les humanitaires présents arrivent des pays voisins et étaient généralement sur des missions toutes autres. Les avions et le matériel plus adaptés aux besoins sont cependant en trajet.

Solidarité locale

« C’est donc la solidarité népalaise qui joue à fond. Les habitants et les soignants sont à pied d’œuvre depuis 48 heures. Pour le moment, ils opèrent mais ils manquent de tout, de sang et de matériel d’appui », rapporte Gilbert Potier, de MdM.

Le Norvégien David Durkan, de l’ONG Mountain People, contacté par Say Yess, revient sur la situation. Trois personnes de l’organisation sont actuellement sur place, en bonne santé. « Dans un premier temps, nous leur avons demandé de se mettre en sécurité, ainsi que leurs familles. Ensuite, ils ont créé un espace pour stocker et distribuer des couvertures, des médicaments et des tablettes pour purifier l’eau. Enfin, ils doivent rassembler des fonds au niveau local ». Il constate que la solidarité, sur place, fonctionne bien.

Pour renforcer l’efficacité de leur action, il s’est associé à une autre ONG, Medical Aid Mountaineering. « On travaille ensemble, pas de lutte d’ego, le même agenda, on met en commun nos ressources, nos connaissances et nos réseaux. Avec une priorité : nos équipes et leurs familles en premier, ensuite, nous pouvons aider ».

« On a travaillé toute la nuit »

Ellen Gallant, une cardiologue américaine en séjour dans l’Himalaya, participe par exemple aux secours : « J’ai couru jusqu’à la tente et je me suis jetée par terre. Lorsque les vibrations ont enfin cessé, la tente médicale m’a demandé, ainsi qu’à un alpiniste indien, un médecin militaire, de m’occuper des personnes blessées à la tête. On a travaillé toute la nuit, on faisait des rondes, on distribuait des médicaments, on installait des intraveineuses », explique-t-elle sur Planet.fr

Sans être médecins, d’autres occidentaux, présents sur place, donnent un coup de main comme ils peuvent. Eric explique ainsi : « Il y a eu une grosse réplique dimanche, dans la nuit, qui a effrayé mes voisins, donc j’ai dormi avec eux dans le champ pour éloigner leurs pensées du tremblement de terre. J’ai joué avec les enfants et les ai aidés à travailler l’anglais autant que je peux. On leur a acheté des jerricans d’eau potable, ce qui est rare dans toute la ville. Chaque lieu est à bout de ressources. Nous avons désespérément besoin d’aide. Il y a une grande inquiétude face à la propagation de maladies. Il n’y a pas d’électricité, donc les gens ne peuvent pas pomper d’eau, donc on ne peut pas laver ». Impliqué dans un projet de levée de fonds pour le Népal avant le séisme, Eric se mobilise et mobilise comme il peut son entourage aujourd’hui.

Sur leur page Facebook Yolo Travel, Adrien et Olivier, deux Français originaires du Finistère et actuellement à Pokhara, ville plus épargnée par le séisme, tentent d’aider tant bien que mal. Ils envisagent cela sur du moyen terme : « vues les circonstances, nous pensons rester et essayer d’aider au maximum de nos capacités », confient-ils à Ouest France.

Pour le moment, ils font surtout face aux demandes de nouvelles de proches. « Nous allons avec nos petits moyens placarder les photos et les coordonnées de personnes à contacter et prévenir les autorités locales. » Ils se font également le relai d’informations utiles, comme les lieux de refuge à Katmandou, ou les endroits où il est possible de trouver de la nourriture. 

Un besoin avant tout humanitaire

Le web est en effet une grande source d’informations et de solidarité. Sur les réseaux sociaux, la plate-forme « Travel with a mission » qui met en relation ONG locales et voyageurs volontaires encourage ainsi les personnes se rendant bientôt au Népal à s’engager : « Vous allez au Népal bientôt ? Vous souhaitez donner un coup de main après le terrible tremblement de terre ? Les associations népalaises présentes sur la plateforme TWAM sont quasiment toutes en demande d’aide de toutes sortes (financière, matérielle, humaine). N’hésitez pas à les contacter si vous souhaitez vous rendre utile. »

TWAM partage ainsi une liste de besoins : de l’ouvre-boîte aux tentes, en passant par les batteries, les masques, etc. Même si, évidemment, pour de nombreuses structures, l’urgence première est financière.

D’autant qu’il ne faut pas partir tête baissée sur le terrain sans préparation ou connaissances. David Durkan insiste sur ce point : « n’essayez pas d’aider de vous-même : il faut connaître ses compétences et les offrir » à ceux qui peuvent les coordonner par la suite.

Enfin, Solvor Småkasin de Medical Aid Mountaineering, contacté par Say Yess, espère que « Les touristes qui ne sont pas blessés vont juste partir, plutôt que d’utiliser des hélicoptères. Les Népalais vont avoir besoin de tous les hélicoptères qu’ils peuvent avoir pour l’aide ! Et que les touristes qui ne sont pas blessés utilisent leur équipement de premiers secours pour aider les locaux. »

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Oriane Raffin

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