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Cartographe d’ONG: sauver des vies grâce à la géo 2.0

Les organisations humanitaires ont de plus en plus recours aux nouveaux outils de cartographie pour améliorer leurs actions. Rencontre avec Léo, technicien cartographe pour l'association CartONG.

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Un utilisateur d'Openstreetmap Crédit : flickr/cc/Jean-Louis Zimmermann

C’est lors du forum GeOnG, à Chambéry, en 2012, que Léo découvre le travail de l’association CartONG et se rend compte qu’avec la cartographie, «on peut faire vraiment pleins de trucs». De la localisation des victimes d’une épidémie ou catastrophe naturelle, à l’analyse des mouvements de réfugiés, CartONG s’est fait une spécialité de la cartographie 2.0 à destination des ONG.

«J’ai fait un master à l’Institut de Géographie Alpine à Grenoble, une formation plutôt axée sur les politiques publiques, mais on avait quand même quelques cours de cartographie qui me plaisaient bien», raconte le jeune homme de 23 ans. Ce forum lui a donné envie de se spécialiser encore plus, et finalement, deux ans plus tard… il anime lui-même un atelier lors de GeONG.

De la géographie à l’associatif

Car Léo est aujourd’hui salarié chez CartONG, en tant que technicien cartographe en CDD, après un long stage de fin d’études au sein de l’association. «Je suis arrivé à l’humanitaire par la cartographie, c’est quand même plus intéressant que de faire des cartes de câblages pour Orange», pointe-t-il.

Quand tu arrives dans le bureau d’une ONG et que tu vois ta carte affichée au mur, c’est assez plaisant

Son travail au quotidien, c’est de réaliser des cartes. Il se sert pour cela des données fournies par des ONG, des institutions ou des cartographes déployés sur le terrain. Il utilise également l’outil collaboratif Open Street Map, une base de données géographiques à laquelle chacun peut contribuer.

De l’ordi et du terrain

Son rôle, aussi appelé technicien SIG (Système d’Information Géographique), ne consiste pas uniquement à dessiner des cartes, «ça va de la collecte à l’exploitation des données», rappelle-t-il. C’est-à-dire qu’il ne s’agit pas seulement de compiler des informations, qu’il faut aussi savoir les utiliser de manière pertinente. Actuellement, il fait par exemple de l’assistance technique pour des cartographes envoyés en Afrique pour recenser les cas d’Ebola.

leoMais Léo ne passe pas sa vie derrière son ordinateur. «Petit à petit, j’en suis arrivé à la gestion de projet», raconte-t-il. Il forme également des ONG à la cartographie, ce qui l’amène à se déplacer régulièrement. Il s’est ainsi rendu dernièrement en Turquie, pour travailler sur le conflit syrien. «Quand tu arrives dans le bureau d’une ONG et que tu vois ta carte affichée au mur, c’est assez plaisant», affirme-t-il.

Nouveaux métiers, nouveaux débats

Les GPS, smartphones et nouveaux logiciels offrent une mine d’informations très utiles si elles sont bien exploitées. «Dans ce métier, il faut s’intéresser à ce qui se fait de nouveau», explique Léo. Mais il estime aussi qu’il faut rester prudent face à la multiplication des données offertes par le numérique. «On entend beaucoup parler de Big Data… Pour l’instant j’attends de voir à quoi cela peut vraiment servir», souligne-t-il.

Et de rappeler qu’il faut également faire attention à la protection des personnes et de la vie privée. «Les cartes que nous faisons ne sont pas toutes rendues publiques», explique Léo. Car l’humanitaire 2.0, c’est aussi savoir s’interroger sur les nouvelles questions éthiques.

 

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Auteur de l'article : Héloïse Leussier

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