Culture

Le furoshiki : cet art ancestral de l’emballage écolo au Japon

Publié le 21 novembre 2014

Noël approche et vous redoutez ce moment fatidique : l'emballage des cadeaux ! L'occasion idéale pour apprendre le furoshiki, l'art « d'emballer » de manière écologique, chic et originale, en nouant un carré de tissus. Notre journaliste, Jeanne, s'est prêtée au jeu.

© Jeanne La Prairie

Un foulard, trois ou quatre nœuds, et paf, vous voilà roi de la soirée en arrivant avec votre porte-bouteille façon « furoshiki ». Si si, c’est aussi simple que ça ! Cette technique ancestrale japonaise permet de créer des sacs de toutes sortes (sac à main, sac à dos, cabas pour les courses, housse d’ordi, étui à guitare, porte pastèque…) ainsi que des emballages cadeaux modulables et réutilisables à volonté.

« Les papiers cadeaux, c’est terrible, on les achète pour les utiliser deux minutes et on ne peut même pas les recycler dans la poubelle jaune à cause de la pellicule plastique ! », explique Aurélie Le Marec, initiée au furoshiki depuis 2009, auteure de deux ouvrages sur le sujet.

Des moches , des beaux, des multicolores, des fleuris…

A la base de sa pratique : un souci du réemploi d’objet et de la débrouille, plus une certaine idée esthétique du développement durable. Et les arguments sont convaincants : « On consomme plus de 10 milliards de sacs plastiques par an en France qui mettent entre 100 et 400 ans à se décomposer, affirme Aurélie. Alors qu’avec un seul carré de tissu récupéré dans l’armoire de votre grand-mère, les possibilités sont multiples, et l’objet réutilisable à souhait ! »

Le furoshiki (nom donné au carré de tissu et également à la technique), signifie à la base « art d’étaler quelque chose au bain ». Les Japonais s’en servaient pour transporter leurs affaires pour se laver au bain public. Samouraïs, geishas, marchands… chacun en avait sa propre utilisation. « Le furoshiki date du 8e siècle environ, et a été remis à la mode depuis 10 ans par le ministère de l’environnement japonais », précise Aurélie.

« Je me méfie : j’ai déjà essayé l’origami, et on m’avait promis que c’était facile ! »

Sur sa table, des foulards récupérés dans les relais, les friperies et/ou Emmaüs. Des moches, des beaux, des multicolores, des fleuris, certains avec des golfeurs, d’autres imprimés de faisans sur fond rose fluo (véridique) mais tous de forme carrée, la base essentielle du furoshiki.

Pour vérifier que la technique est si facile (je me méfie : j’ai déjà essayé l’origami, et on m’avait promis que c’était facile !), je me lance avec Aurélie dans la fabrication express d’un cabas pour des petites courses, qui peut s’avérer être un joli sac à pique-nique qui, dénoué sert de nappe à pique-nique ou de foulard pour le petit coup de frais ou de chaud ! Pour bien commencer, Aurélie m’apprend les deux nœuds ultra simples indispensables à toute création.

« En trois minutes, me voilà digne propriétaire d’un élégant cabas en tissu »

En bon élève, j’étale le foulard devant moi et suis ses instructions : losange à couette, nœud de lapin, triangle et crêpe… Chaque étape est très bien imagée. En trois minutes me voilà digne propriétaire d’un élégant cabas de tissus. Nous dénouons le tout pour réaliser par la suite un porte-bouteille et des emballages cadeaux… Tant de versions pour un petit foulard ? Me voilà conquise…

Je suis séduite et décide d’apprendre à emballer mes futurs cadeaux. Tadam ! En plus de favoriser le réemploi de tissus, et l’écologie, le furoshiki est joli, délicat et la technique est accessible à tout public (déficients visuel, enfants…). Une pratique qui mérite donc de se développer. Et comme rien ne vaut des images pour mieux comprendre, voici un petit tutoriel pour que vous épatiez vos ami(e)s en une minute.

Pas mal pour une première fois, non ? Je vous avais dit que c’était facile !

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Rédigé par

Jeanne La Prairie

5 commentaires

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yo

Publié le 20 décembre 2017

Sérieux, la maman de Bambi est morte ? Décidément le monde n'est plus ce qu'il était.... plus sérieusement, je recherchais le nom de cette technique... Merci !

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solex

Publié le 27 avril 2016

La maman de Bambi serait décédée ? non, soyons sérieux !

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La redaction

Publié le 26 avril 2016

Bonjour, vous noterez que le Furoshiki est un "art ancestral", remis au goût du jour... l'inverse même de ce "top phénomène de mode" dont vous parlez. Et comme le souligne l'article, il permet de donner une seconde vie à des tissus/foulards destinés à être jetés. L'inverse même de la surconsommation. Bonne journée à vous sinon.

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Bandecons

Publié le 25 avril 2016

"top phénomène de mode" sauf que la mode à été justement fabriquée pour créer un besoin, et vendre 4 saisons par an. "ton manteau top à la mode de l'an dernier est "has been" pasque le jaune c'été l'an dernier ma pôvre cette année c'est le vert !! Nân trop nul la meuf, l'a rien compris à la mode...." soit vous êtes , écolo, soit vous rentrez dans le jeu de la surconsommation, si vous pensez être entre les deux, vous êtes une personne stupide à qui on a fait croire qu'on pouvait changer de fringue tout les trois mois tout en étant écolo et amoureux de la nature et de Bambi, et de sa pôvre maman qui est morte, snif.

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Mary-Lis

Publié le 25 avril 2016

Yess !!! Génial ! Je partage (en espérant que l'astuce deviendra le top phénomène de mode, à défaut, en un premier temps, de répondre à une réelle prise de conscience de l'urgence planétaire). Merci.

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