Sports & loisirs

Des assos entraînent tout le monde dans la danse

Publié le 4 juillet 2014

Chacun peut danser, quel que soit son âge, son sexe, son milieu social… Et les personnes en situation de handicap aussi! Rencontre avec deux associations qui ouvrent la discipline à tous, loin des idées reçues.

« Lors de la représentation, il était prévu que je sois portée. Au début, aux répétitions, je n’étais pas à l’aise avec l’image que je renvoyais. Puis au fil du temps, j’ai évolué, et j’ai fini par trouver ça beau. Le jour J, ce porté a été un moment riche en émotions. » Camille, 19 ans, étudiante à Nantes, circule en fauteuil roulant. Pourtant, cela ne l’empêche pas d’être danseuse : elle fait partie, depuis janvier 2014, de la compagnie ARAMIS. En avril dernier, elle a participé à son premier spectacle, dans le cadre du festival T’Cap.

danse3OK« On oublie qu’on danse avec une personne en fauteuil »

C’est par le responsable handicap de l’université de Nantes que Camille est orientée vers un « atelier de recherche chorégraphique » donné dans le cadre de l’établissement par Françoise, fondatrice de l’association. Très vite, celle-ci lui propose de rejoindre sa compagnie, qui compte une dizaine de danseurs. « Je dirigeais un studio de danse à Nantes et j’ai eu un problème de santé en 2005. Cela m’a poussé à suivre une formation pour enseigner la danse aux personnes en situation de handicap », explique celle-ci. « Danser permet de reprendre confiance en soi et d’accepter le regard des autres ».

Danser permet de reprendre confiance en soi et d’accepter le regard des autres

Mai, 48 ans, également danseuse de la compagnie apprécie par-dessus tout la collaboration entre danseurs en fauteuil et danseurs marchants, comme elle, mais aussi le mélange entre les générations. « La danse contemporaine est une discipline où, traditionnellement, on se donne souvent des contraintes, ce qui est source de créativité. Françoise adapte ses chorégraphies aux possibilités de chacun, cependant, on oublie progressivement qu’on travaille avec une personne en fauteuil. »  

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Des moments intenses

Soutenue par la ville de Nantes et de Saint Herblain, l’association propose aussi des ateliers aux jeunes, handicapés ou non, ainsi qu’aux seniors. Entre autres, elle travaille avec la MAS (Maison d’accueil spécialisée) de Granchamp-des-Fontaines auprès de personnes handicapées très dépendantes. « Une fois, après avoir donné une représentation, j’ai dansé avec une jeune fille trisomique. Au début, elle ne bougeait pas, mais petit à petit, alors que nous suivions les instructions de Françoise, elle s’est mise à se balancer, à interagir avec moi. C’était un moment très intense », se souvient Camille.

Dans un tout autre style, l’association tarbaise DANS6T s’est donné pour mission de faire danser les jeunes dans les cités. Bouziane Bouteldja, 33 ans, en est l’un des fondateurs. Originaire de la cité Mouyesset, il commence le Hip-hop à 17 ans, et c’est le coup de cœur. « Le Hip-hop est une bonne porte d’entrée vers la danse pour les ados, car ils ont souvent des aprioris contre le classique, comme c’était mon cas. En 2001, on a monté l’asso et donné des cours de danse – à prix bas – pour pouvoir louer un lieu de répétition », explique-t-il. « J’avais en tête une volonté de mixité sociale, c’est pourquoi on a voulu une salle au centre de Tarbes, pour faire venir les jeunes des cités au cœur de la ville ».

Une asso fait bouger les cités de Tarbes … et des alentours

Plus de dix ans plus tard, les prix des cours de danse sont restés bas et les dix professeurs salariés de DANS6T continuent d’intervenir dans les quartiers prioritaires, via des partenariats avec la municipalité. Sauf qu’aujourd’hui, ils rayonnent à Toulouse, Pau, ou même dans les Pyrénées. « On avait 30 élèves en 2001, on en a 880 aujourd’hui », indique Bouziane. L’activité de DANS6T est très large puisqu’elle englobe aussi des cours pour les « mamans », mais aussi des sorties culturelles pour les jeunes.

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Autre pilier de l’association, une compagnie, dont Bouziane est le directeur artistique, qui compte sept danseurs permanents, et dont une partie a été formé avec DANS6T. Celle-ci se produit aujourd’hui dans le monde entier. Abadi 19 ans, a commencé les cours de breakdance à 11 ans, suit minimum cinq cours par semaine – « sans compter les entrainements » – et fait parfois des remplacements au sein de la compagnie. « Si j’ai l’opportunité, je voudrais faire de la danse mon métier », explique-t-il, lui qui entame des études en Staps. « DANS6T fait beaucoup de choses pour les jeunes, et m’a beaucoup apporté. J’espère de tout cœur ça continuera ! »

Photos de l’article : Delphine Robert et DR Aramis pour les deux premières. Cours de Ragga Dance-Hall, DR DANS6T pour la dernière.

[carrousel_chronique chronique=159 titre= »La culture autrement »]
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Rédigé par

Anaëlle Guisset

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