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Fournisseurs d’accès associatifs: un Internet libre, solidaire et démocratique

Gérés bénévolement par leurs abonnés, des fournisseurs d’accès associatifs donnent la possibilité de se connecter autrement. Ils défendent la neutralité du net, et assistent ceux qui souhaitent créer localement leur propre FAI (Fournisseur d’accès internet), notamment dans les « zones blanches ».

Photo Frédéric BISSON, CC sur Flick'R
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Photo Frédéric BISSON, CC sur Flick'R

On connaît Free, Orange, Neuf Telecom… des entreprises notamment « fournisseurs d’accès à Internet » (FAI), qui permettent de se connecter. Mais le saviez-vous ? Le plus ancien FAI encore en activité est une association. En effet, FDN (French data network) date de 1992, plusieurs années avant que ne soient lancées les offres grand public ! « En 2010, lorsque FDN est devenu trop gros, que la gestion du réseau risquait de devenir impersonnelle, il a été décidé de créer une multitude de FAI associatifs régionaux, et de les rassembler au sein d’une fédération,  la FFDN (Fédération french data network) », explique Fabien Sirjean,  17 ans, président de FDN et étudiant en IUT réseau et télécoms.

Celle-ci regroupe donc aujourd’hui 25 FAI, qui comptent en tout 1.720 membres (qui ne sont pas tous abonnés).« Les FAI associatifs ont deux principaux  objectifs », explique Oriane, 25 ans, vice-présidente de la fédération, « premièrement, fournir un accès Internet comme tout autre fournisseur d’accès, deuxièmement promouvoir la neutralité d’Internet ».

Un réseau géré par les abonnés

L’ensemble des FAI associatifs offrent ainsi une connexion Internet, gérée bénévolement par leurs abonnés. Farthur, 28 ans, est engagé depuis un an chez Tetaneutral, une association toulousaine. « J’ai appris à installer des antennes. Comme d’autres bénévoles, je peux aussi intervenir en cas de problème sur le réseau. Chacun donne de son temps à hauteur de ce qu’il peut », explique ce jeune ingénieur météo. Tetaneutral héberge également des antennes à Saint-Gaudens et Monès qui sont des « zones blanches », c’est-à-dire des zones non investies par les grands fournisseurs d’accès, et qui étaient jusque-là privées d’Internet.

A cet égard, la Fédération FDN s’est donné une mission éducative, car elle accompagne les personnes qui souhaitent créer leur propre Fournisseurs d’accès à Internet. « Les FAI existant n’ont pas vocation à trop grossir, à accueillir massivement de nouveaux abonnés. Il s’agit d’apprendre aux gens à lancer leur propre projet plutôt que de faire pour eux », explique ainsi Fabien Sirjean qui, quelques jours auparavant s’est rendu dans un village près de Carcassonne pour étudier la mise en place d’un pont Wifi.

La question de la neutralité d’Internet

Les FAI associatifs proposent également un Internet 100% neutre. Mais la neutralité, qu’est-ce que ça veut dire ?« Quand on vous envoie un colis par la poste, vous n’avez pas envie que les services postaux y jettent un œil et n’enlèvent ce qui leur chantent avant de vous le livrer, non ? C’est pareil pour Internet », résume Oriane. Impossibilité ou entraves (en raison de la lenteur du débit) pour lire ou visionner certains contenus, difficultés pour faire fonctionner certains logiciels en ligne (notamment en raison de la lenteur du débit)… Ce sont quelques exemples d’atteinte à la neutralité par de grands fournisseurs d’accès.
« Les grands fournisseurs d’accès invoquent la limitation de la bande passante causée par le développement des plateformes vidéo, pour essayer de développer des systèmes à plusieurs vitesses – dans lesquels certains paquets bénéficient, contre rémunération, d’une priorité d’acheminement  », ajoute la jeune femme. « Le réseau est naturellement neutre », explique quant à lui Fabien Sirjean, « or, porter atteinte à cette neutralité c’est limiter l’accès à l’information, et donc restreindre la liberté ». La FFDN porte ainsi cette question auprès des pouvoirs politiques, y compris européens.

« Pas de ticket d’entrée geek »

Pas besoin, selon les mots d’Oriane, d’être « un gros barbu geek » pour participer au sein d’un FAI associatif. « Au contraire, chacun s’engage à sa manière », ajoute la jeune développeuse qui, ayant étudié au Celsa, a pris en charge la communication de la FFDN. « Il faut avoir envie de s’y intéresser. Moi-même j’ai assisté à des conférences, rencontré les gens de Tetaneutral pour apprendre », déclare quant à lui Farthur. « Au final, c’est un engagement très convivial. Toutes les semaines, nous faisons un resto avec les membres de l’asso », s’enthousiasme-t-il. « Le plus intéressant, c’est le réseau humain au-dessus du réseau d’ordinateurs », résume quant à lui Fabien Sirjean. Bref, c’est le moment de revoir les idées reçues…

Auteur de l'article : Anaëlle Guisset

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7 réponses pour "Fournisseurs d’accès associatifs: un Internet libre, solidaire et démocratique"

  1. […] Gérés bénévolement par leurs abonnés, des fournisseurs d’accès associatifs donnent la possibilité de se connecter autrement. Ils défendent la neutralité du net, et assistent ceux qui souhaitent créer localement leur propre FAI (Fournisseur d’accès internet), notamment dans les « zones blanches ».  […]

  2. […] Gérés bénévolement par leurs abonnés, des fournisseurs d’accès associatifs donnent la possibilité de se connecter autrement. Ils défendent la neutralité du net, et assistent ceux qui souhaitent créer localement leur propre FAI (Fournisseur d’accès internet), notamment dans les « zones blanches ».  […]

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  4. […] Gérés bénévolement par leurs abonnés, des fournisseurs d’accès associatifs donnent la possibilité de se connecter autrement.  […]

  5. […] Gérés bénévolement par leurs abonnés, des fournisseurs d’accès associatifs donnent la possibilité de se connecter autrement. Ils défendent la neutralité du net, et assistent ceux qui souhaitent créer localement leur propre FAI (Fournisseur d’accès internet), notamment dans les « zones blanches ». On connaît Free, Orange, Neuf Telecom… des entreprises notamment « fournisseurs d’accès à Internet » (FAI), qui permettent de se connecter. Mais le saviez-vous ? Le plus ancien FAI encore en activité est une association. En effet, FDN (French data network) date de 1992, plusieurs années avant que ne soient lancées les offres grand public ! « En 2010, lorsque FDN est devenu trop gros, que la gestion du réseau risquait de devenir impersonnelle, il a été décidé de créer une multitude de FAI associatifs régionaux, et de les rassembler au sein d’une fédération, la FFDN (Fédération french data network) », explique Fabien Sirjean, 17 ans, président de FDN et étudiant en IUT réseau et télécoms.Celle-ci regroupe donc aujourd’hui 25 FAI, qui comptent en tout 1.720 membres (qui ne sont pas tous abonnés).« Les FAI associatifs ont deux principaux objectifs », explique Oriane, 25 ans, vice-présidente de la fédération, « premièrement, fournir un accès Internet comme tout autre fournisseur d’accès, deuxièmement promouvoir la neutralité d’Internet ».Un réseau géré par les abonnésL’ensemble des FAI associatifs offrent ainsi une connexion Internet, gérée bénévolement par leurs abonnés. Farthur, 28 ans, est engagé depuis un an chez Tetaneutral, une association toulousaine. « J’ai appris à installer des antennes. Comme d’autres bénévoles, je peux aussi intervenir en cas de problème sur le réseau. Chacun donne de son temps à hauteur de ce qu’il peut », explique ce jeune ingénieur météo. Tetaneutral héberge également des antennes à Saint-Gaudens et Monès qui sont des « zones blanches », c’est-à-dire des zones non investies par les grands fournisseurs d’accès, et qui étaient jusque-là privées d’Internet.A cet égard, la Fédération FDN s’est donné une mission éducative, car elle accompagne les personnes qui souhaitent créer leur propre Fournisseurs d’accès à Internet. « Les FAI existant n’ont pas vocation à trop grossir, à accueillir massivement de nouveaux abonnés. Il s’agit d’apprendre aux gens à lancer leur propre projet plutôt que de faire pour eux », explique ainsi Fabien Sirjean qui, quelques jours auparavant s’est rendu dans un village près de Carcassonne pour étudier la mise en place d’un pont Wifi.La question de la neutralité d’InternetLes FAI associatifs proposent également un Internet 100% neutre. Mais la neutralité, qu’est-ce que ça veut dire ?« Quand on vous envoie un colis par la poste, vous n’avez pas envie que les services postaux y jettent un œil et n’enlèvent ce qui leur chantent avant de vous le livrer, non ? C’est pareil pour Internet », résume Oriane. Impossibilité ou entraves (en raison de la lenteur du débit) pour lire ou visionner certains contenus, difficultés pour faire fonctionner certains logiciels en ligne (notamment en raison de la lenteur du débit)… Ce sont quelques exemples d’atteinte à la neutralité par de grands fournisseurs d’accès.« Les grands fournisseurs d’accès invoquent la limitation de la bande passante causée par le développement des plateformes vidéo, pour essayer de développer des systèmes à plusieurs vitesses – dans lesquels certains paquets bénéficient, contre rémunération, d’une priorité d’acheminement », ajoute la jeune femme. « Le réseau est naturellement neutre », explique quant à lui Fabien Sirjean, « or, porter atteinte à cette neutralité c’est limiter l’accès à l’information, et donc restreindre la liberté ». La FFDN porte ainsi cette question auprès des pouvoirs politiques, y compris européens.« Pas de ticket d’entrée geek »Pas besoin, selon les mots d’Oriane, d’être « un gros barbu geek » pour participer au sein d’un FAI associatif. « Au contraire, chacun s’engage à sa manière », ajoute la jeune développeuse qui, ayant étudié au Celsa, a pris en charge la communication de la FFDN. « Il faut avoir envie de s’y intéresser. Moi-même j’ai assisté à des conférences, rencontré les gens de Tetaneutral pour apprendre », déclare quant à lui Farthur. « Au final, c’est un engagement très convivial. Toutes les semaines, nous faisons un resto avec les membres de l’asso », s’enthousiasme-t-il. « Le plus intéressant, c’est le réseau humain au-dessus du réseau d’ordinateurs », résume quant à lui Fabien Sirjean. Bref, c’est le moment de revoir les idées reçues…  […]

  6. […] Un réseau géré par les abonnés L’ensemble des FAI associatifs offrent ainsi une connexion Internet, gérée bénévolement par leurs abonnés. Farthur, 28 ans, est engagé depuis un an chez Tetaneutral, une association toulousaine. « J’ai appris à installer des antennes. Comme d’autres bénévoles, je peux aussi intervenir en cas de problème sur le réseau. Chacun donne de son temps à hauteur de ce qu’il peut », explique ce jeune ingénieur météo. Tetaneutral héberge également des antennes à Saint-Gaudens et Monès qui sont des « zones blanches », c’est-à-dire des zones non investies par les grands fournisseurs d’accès, et qui étaient jusque-là privées d’Internet.  […]

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