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ils se sont lancés

Installer son exploitation bio grâce à Terre de Liens

Installer une ferme quand on ne vient pas d'une famille d'agriculteurs : pas si simple. Surtout si on a un projet de petite exploitation bio. Pourtant, Florence et son compagnon ont relevé le défi.

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Florence sort les pains du four Crédit : Florence Thivet

Au départ, Florence est plutôt citadine, pour avoir vécu 10 ans à Nantes. Mais après des études en gestion et protection des milieux aquatiques et plusieurs stages à l’étranger, en 2007, elle a décidé d’ouvrir une petite exploitation en France avec son compagnon argentin, Baldo.

Baldo avait déjà vécu dans une ferme en autoproduction, Florence était sensible aux questions environnementales. C’est donc naturellement qu’ils ont pensé à un projet d’agriculture biologique : produire blés et céréales pour faire de la boulange paysanne.

Des terres indispensables

Ils ont commencé par acquérir un petit terrain de 17 hectares dans le nord de la Charente, près de Ruffec. Mais au même moment, 10 hectares de terres voisines ont été mises à la vente. Ils ont alors réfléchi à des systèmes de financement. «C’était indispensable pour nous de nous agrandir, il faut savoir que les exploitations font en moyenne 80 à 150 hectares », explique Florence.

«Au départ, on pensait monter une Société civile immobilière ou une Société coopérative agricole mais cela nous aurait demandé un gros travail de gestion. C’est alors qu’on a rencontré  Pierre-Marie Moreau, l’animateur régional de Terre de Liens qui nous a fait découvrir les possibilités de financement », poursuit-elle.

Des « actionnaires solidaires »

Terre de Liens, association de sensibilisation à  la disparition des terres, a mis en place ce qu’elle appelle la Foncière. Cet outil de collecte d’épargne solidaire lui permet de racheter des terrains pour ensuite les louer à des agriculteurs qui souhaitent s’installer en bio. 

Les investisseurs, dits « actionnaires solidaires » ne reçoivent pas de dividendes mais sont invités à se réunir chaque année en assemblée générale, comme dans toute entreprise. Et s’ils décident de revendre leurs parts, leur prix est majoré du taux de l’inflation.

« Au début on avait un peu peur d’être dépossédés de nos terres, concède Florence, puis on s’est lancés ». Leur collecte de dons avec Terre de Liens a vite porté ses fruits : « On a été surpris par la rapidité à laquelle cela s’est fait, en trois mois on avait réuni 70.000 euros ! », relate-t-elle.

Pas d’emprunt à rembourser

Qui a investi ? « Des militants qui voulaient agir pour le bio, des gens sensibles à l’aspect féminin du projet, et peut-être aussi des gens qui y voyaient un intérêt fiscal », affirme Florence. Parmi la quarantaine d’investisseurs qui ont financé le projet, seule une dizaine est de la région.

« Tous les investisseurs ont été invités aux portes ouvertes de notre ferme, on a pu leur montrer notre projet. J’envoie des nouvelles par mail à certains d’entre eux. Mais ce n’est pas toujours facile de rester en contact car ils sont loin et nous sommes très occupés », explique Florence.

Avec l’argent débloqué, Florence et  Baldo De Leon ont pu agrandir leur exploitation et ouvrir un fournil pour la fabrique du pain. « Aujourd’hui, on est pratiquement autonome, et on n’a aucun prêt sur le dos », se félicite Florence. Ils vendent des légumes secs via la Ferme de Chassagne et les pains et pâtes que Florence prépare sur les marchés de la région.

Pour la suite, ils se verraient bien agrandir encore un peu le terrain, et n’hésiteront pas à passer à nouveau par Terre de Liens.

Auteur de l'article : Héloïse Leussier

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4 réponses pour "Installer son exploitation bio grâce à Terre de Liens"

  1. […] >> Florence et Baldo ont installé leur exploitation bio grâce à Terre de liens. Témoignage… […]

  2. Merci pour cet article !

    Et pour les lecteurs qui voudraient rejoindre le mouvement, toutes les infos pour nous aider se trouvent ici : https://terredeliens.org/-particuliers-.html

  3. max dit :

    Espoir espoir tu nous guetes!

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