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Bien manger, mieux manger

La cuisine, prétexte à l’amélioration du quotidien

La nourriture, vecteur de lien social ? Zoom sur des initiatives portées par des jeunes, où l’alimentation est au cœur des échanges.

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Photo Kialatok.

Maîtriser les chūn juǎn (rouleaux de printemps chinois) grâce à Madame Zhang, préparer des brigadeiros (caramels brésiliens) sur les conseils de Marina… et si la cuisine pouvait réveiller beaucoup plus que les papilles ?

Kévin Berkane et Florence Pellegrini, respectivement 23 et 25 ans, relèvent le défi. Globetrotteurs et fins gourmets, ils ont eu l’idée, pendant leurs études à HEC, d’utiliser la cuisine comme vecteur d’intégration. De là est née Kialatok. Une entreprise sociale au concept double : valoriser les talents culinaires de personnes issues de l’immigration qui ont envie de partager leur culture et offrir aux entreprises des formations sur l’interculturalité, en s’appuyant sur l’alimentation.

Les formateurs sont « des personnes issues de l’immigration, qui ont un accès difficile au marché de l’emploi », explique Kévin Berkane. Avant de proposer les stages, ils suivent eux-mêmes des formations à l’hygiène ou à la prise de parole. Reconnue comme entreprise d’insertion depuis janvier dernier, Kialatok va pouvoir recruter des personnes en insertion, qui seront accompagnées par un chargé d’insertion.

Apprentissage technique et découverte culinaire

Dans le cadre d’un cours pour particuliers, Claire a participé à une escale culinaire en Chine avec Madame Zhang. La jeune femme souligne « un vrai échange culturel avec la cuisinière, qui allie apprentissage de techniques et découverte culturelle ». « On constate qu’elle avait une vraie envie de faire passer des choses qui vont au-delà du savoir. Madame Zhang avait plaisir à parler de sa culture, de son pays, d’anecdotes… » Claire a ainsi découvert qu’en Chine, on ne boit pas du tout d’eau pendant le repas. C’est une soupe, bue avant de sortir de table, qui hydrate les convives.

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Ces différences culturelles servent d’appui à la formation en entreprise, deuxième volet d’offres de Kialatok. « En Afrique, par exemple, on a un plat dont le temps de cuisson est déterminé par les ingrédients : les feuilles changent de couleurs quand le repas est prêt, explique Kévin Berkane. Cela interroge notre rapport au temps ».

La cuisine, prétexte à raconter des histoires

Jusqu’alors, la cuisine en entreprise était principalement utilisée en team building. Kialatok l’envisage sous un autre aspect : « on initie au management de la diversité dans les entreprises, que ce soit envers les clients ou le public, détaille Kévin. En fait, la cuisine sert à la mise en situation. Elle n’est qu’un prétexte à raconter des histoires. » Après l’atelier, un facilitateur débriefe, avec les participants, de ce que ces découvertes révèlent de nous et nos habitudes.

Autre initiative, mais même volonté de renforcer les liens : Arthur Juin et Jean de Guerre, 24 et 25 ans, sont en train de lancer « Nos grands-mères ont du talent », une enseigne de restauration à emporter favorisant l’emploi des seniors. « Nous souhaitons employer des personnes éloignées de l’emploi, qui vont penser, cuisiner et distribuer les plats dans les gares franciliennes », explique Arthur Juin.

Recrutement après un parcours d’insertion

Cuisine traditionnelle « par les grands-mères », familiale, avec un approvisionnement local : les deux jeunes ingénieurs vont lancer une première phase de test en septembre. Les salariés, eux, seront recrutés via le Pôle Emploi ou après un parcours d’insertion. « Les entreprises d’insertion ont des seniors pour qui il est souvent difficile de trouver un emploi à l’issue du parcours. Nous creusons cette piste car elle nous semble pertinente pour avoir un impact social important », détaille Arthur.

Les deux jeunes hommes « n’étaient pas partis au départ pour faire une entreprise sociale », mais c’était un secteur qu’ils connaissaient bien tous les deux… et qui les a rattrapé. « Employer des seniors nous semblent cohérent par rapport au projet, et c’est une problématique importante aujourd’hui ». Un emploi valorisant, avec des contacts : « nous avons à cœur de créer un commerce qui apporte du lien, remettre l’humain au cœur de la transaction ». Le tout, avec de bons petits plats comme chez mamie !

Auteur de l'article : Oriane Raffin

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2 réponses pour "La cuisine, prétexte à l’amélioration du quotidien"

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  2. […] « Les ateliers ne sont qu’un prétexte pour découvrir des cultures étrangères ». Kialatok se sert ainsi de la cuisine pour proposer aux entreprises des formations à la diversité basée […]

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