Au fait, c'est quoi ?

Au fait, c’est quoi l’intrapreneuriat social ?

Publié le 19 mars 2014

Encore peu nombreux aujourd’hui, les « intrapreneurs sociaux » ont le vent en poupe. Défricheurs, audacieux, utopistes parfois, ils innovent au sein de leur entreprise et inventent de nouvelles formes de business en lien avec leur vie personnelle et leur métier. Say Yess a voulu en savoir plus.

INTRAPRENEURIAT : C’EST QUOI CE MOT ?

N’avez-vous jamais rêvé de profiter du cadre offert par votre entreprise pour développer votre propre projet ? Améliorer des méthodes de travail, monter une association, réfléchir à un nouveau produit ou un service, voire même créer une filiale ? C’est ce qu’on appelle l’intrapreneuriat : on entreprend dans sa propre société.

Et ça marche ! L’intrapreneuriat est un phénomène bien réel. Certaines PME et des grands groupes l’ont déjà expérimenté, et d’autres adopté, en mettant à disposition de leurs collaborateurs du temps, des ressources matérielles ou financières. L’objectif ? Innover. C’est ainsi par exemple qu’est née la messagerie Gmail chez Google ou le fameux Post-it chez 3M.

Evidemment, cette opportunité, lorsqu’elle existe, a ses règles du jeu : pour être concrétisée, elle doit être connectée à la stratégie de la structure dans laquelle on évolue. C’est ainsi qu’Anne Zavan a pu bénéficier du soutien de son employeur, le groupe Beiesdorf, propriétaire de la marque Nivea, pour développer son projet. L’association qu’elle a créée, « Des soins et des liens », propose des soins cosmétiques à des personnes âgées, prodigués par des esthéticiennes au chômage. L’entreprise y a trouvé son compte : mieux connaître sa clientèle de plus de 60 ans.

QUELS SONT LES CRITÈRES DE L’INTRAPRENEURIAT « SOCIAL » ?

L’intrapreneuriat social, c’est un peu comme l’entrepreneuriat social, sauf qu’on innove au sein de sa propre boîte pour développer une activité solidaire ou éthique – dont l’objectif est d’être économiquement viable. Ashoka, qui a lancé l’année dernière la ligue des intrapreneurs, évoque la construction de meilleures entreprises « depuis l’intérieur vers l’extérieur ».

Pour Amandine Barthélémy, co-auteur d’un livre sur le sujet, l’intrapreneuriat social est la combinaison de plusieurs critères : « une démarche entrepreneuriale, une recherche de fort impact social, un modèle économique équilibré, le tout au sein d’un environnement délimité : l’entreprise ».

L’enjeu pour le salarié est de réussir à mieux connecter son boulot à une dimension sociétale. C’est ainsi qu’est née l’entreprise d’insertion EIDRA, qui commercialise des articles culinaires reconditionnés, par le biais de la mobilisation de différentes personnes travaillant… chez Groupe SEB ! « C’est une prise de conscience » affirme ainsi Emmanuel de Lutzel, qui a lancé l’activité microfinance de la BNP Paribas, « on peut faire quelque chose  en tant que banque commerciale, et pas seulement en bénévolat ! », se félicite-t-il. Une prise de conscience, donc : celle de la capacité de toute entreprise à agir de manière positive sur son environnement en comptant sur les idées de ses salariés.

Si l’intrapreneuriat social se développe plus facilement dans les grandes structures, il concerne également les plus petites entreprises, notamment les PME. « C’est une dynamique en pleine croissance », indique Amandine Barthélémy, « il faut, pour qu’elle se développe au sein des entreprises, une culture entrepreneuriale forte, une direction qui ait confiance en ses collaborateurs et la possibilité de prendre des risques ».

COMMENT DEVIENT-ON INTRAPRENEUR SOCIAL ?

Tous les salariés, jeunes comme seniors, quelles que soient leurs compétences, sont potentiellement concernés. « Une idée n’est pas liée à l’âge ! » assure Arnaud Habert, intrapreneur social et aujourd’hui directeur général délégué de Vinci Insertion Emploi (ViE), société créée par ses soins en lien avec Vinci et spécialisée dans l’ingénierie liée à l’insertion socioprofessionnelle de personnes éloignées de l’emploi.

>> Vous voulez vous y mettre ? Say Yess vous livre les conseils de pro

Cependant, être intrapreneur social ne s’improvise pas. « Je ne suis pas arrivé du jour au lendemain avec une idée qui allait révolutionner le monde », reconnaît-il. Il s’agit d’une dynamique de long terme, qu’on construit grâce aux lectures que l’on fait ou aux personnes que l’on peut rencontrer. « J’ai fait le tour de la banque avec mes convictions », explique Emmanuel de Lutzel, « je n’avais pas un plan précis, mais les contacts m’ont aidé à rôder mon pitch ».

Tout est affaire d’opportunité à saisir, de bon timing. « J’étais convaincu qu’il y avait un positionnement à prendre, une nouvelle expertise à construire, un savoir-faire à élaborer à ce moment-là » affirme Arnaud Habert lorsqu’il évoque la création de ViE. D’où l’importance, avant d’aller proposer un nouveau projet au big boss, de monter un projet bien ficelé.

QUELLES SONT LES QUALITÉS DE L’INTRAPRENEUR SOCIAL ?

« Nous sommes face à des personnes qui ont une fibre sociale, de l’audace et un tempérament de défricheur » explique Amandine Barthélémy. « Il faut de la passion, de la patience, de la persévérance ! » s’enthousiasme Emmanuel de Lutzel. « Etre intrapreneur social, ça suppose beaucoup d’énergie, de pouvoir travailler en groupe, de contacter énormément de gens » renchérit-il.

Un bon relationnel est ainsi une qualité primordiale. A entendre les intrapreneurs sociaux, leurs expériences sont en effet avant tout des « aventures humaines » qui enrichissent individuellement et s’enrichissent grâce au collectif.

En savoir plus

Vous pouvez télécharger le livre co-écrit par Amandine Barthélémy, « Intrapreneuriat social ».

Image writer

Rédigé par

Sébastien Levrier

3 commentaires

Cliquez sur le + pour voir les commentaires. Et remplissez le formulaire ci-dessous pour commenter un article.
Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

image commentary

Julien

Publié le 23 mai 2017

A ce sujet là, la coopérative à côté de chez moi propose des formations : - SCIC, une entreprise associative - Construction juridique d'un projet ESS à Augan voici leur contatc : 0299934851

image commentary

Intrapreneuriat social: 5 conseils de pro - Say Yess

Publié le 26 mars 2014

[…] un projet au sein de son entreprise, c’est possible, grâce à l’intrapreneuriat social. Mais avant de vous y mettre, autant bien vous préparer. Quelques conseils de pro […]

image commentary

Au fait, c’est quoi l’intrapreneuri...

Publié le 24 mars 2014

[…] Encore peu nombreux aujourd’hui, les « intrapreneurs sociaux » ont le vent en poupe.  […]

Sur le même thème

Décryptage

  • Modèle économique entreprise ESS

    À quoi ressemble le modèle économique d’une entreprise de l’ESS ?

    Lire la suite
  • Recycles © Kamel Secraoui

    Quand les chambres à air deviennent ceinture et les mobiles retrouvent une jeunesse

    Lire la suite
  • L’ESS, à quoi ça sert ?

    Lire la suite
  • La finance solidaire, ça concerne tout le monde!

    Lire la suite

Say yess tv

  • Comment sortir les SDF de la rue

    Sortir les SDF de la rue - l'Echo positif
    icone-youtube-play

    Par: L'Echo Positif

  • Esta Es Una Plaza ! C’est un jardin solidaire

    Esta Es Una Plaza ! C’est un jardin solidaire - Solidarum
    icone-youtube-play

    Par: Solidarum

  • Toit à Moi, un concept innovant pour réinsérer les sans-abris

    SideWays #2 - Toit à Moi - Un concept innovant pour réinsérer les sans-abris
    icone-youtube-play

    Par: Sideways

Nos derniers articles

Les coeurs simples, textes rassemblés par Albert Algoud, publié chez Casterman.
Culture

5 (nouvelles) BDs pour un Noël engagé !

Plonger dans les problématiques de l’agriculture biologique, découvrir l’enfance d’un grand homme inspirant ou s’émouvoir des « cœurs simples », grands oubliés de la littérature… C’est tout cela (et plus encore !) que l’on vous propose dans cette sélection de BDs engagées, à offrir à Noël.

Rédigé par Emmanuelle Genoud
le 14 décembre 2017 En savoir plus

BTS éco-gestion ESS - Lycée René Cassin
Etudes & formations

Un BTS option ESS pour élargir ses horizons

Le lycée professionnel parisien René Cassin s'est illustré en lançant un BTS Compta-gestion option ESS en 2017. S'il existait déjà des masters tournés vers l'Économie sociale et solidaire en France, cette formation de niveau Bac +2 est une première. Reportage.

Rédigé par Anaëlle Guisset
le 11 décembre 2017 En savoir plus

Le XXIe arrondissement de Paris, riche en découvertes solidaires et citoyennes.
Sports & loisirs

Balade solidaire dans le 11e arrondissement de Paris

Lauriane, rédactrice pour Say Yess, est partie à la recherche de bonnes adresses pour réchauffer les week-ends hivernaux. Après une balade guidée par un conférencier de la mairie de Paris, elle vous livre ses bonnes adresses situées dans le 11e arrondissement de Paris.

Rédigé par Lauriane Barthélémy
le 8 décembre 2017 En savoir plus

Afin d'améliorer votre expérience, Say Yess utilise des cookies. En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l’utilisation des cookies, pour nous aider à analyser les audiences de ce site.
En savoir plus
Votre commentaire a bien été soumis. Il est en attente de validation.