Projets inspirants, créateurs inspirés

Emploi : groupes d’amis, ils ont monté leur boîte

Publié le 8 janvier 2014

Ils sont jeunes, motivés et portent un projet qui leur tient à cœur. Entrepreneurs, ils ont bénéficié d’un accompagnement pour lancer leur activité. Leur objectif ? Donner, ensemble, du sens à leur travail.

Partir d’une idée lancée entre potes pour en faire un projet viable suppose quelques étapes. Chacun dans leur domaine d’activité, les fondateurs de Gink’oop,  C koi ça, et Lemon tri les ont franchies peu à peu, avec l’idée que l’entrepreneuriat leur permettrait de défendre des idées qui leur tenait à coeur.

L’envie d’entreprendre

Créée sous le statut de SCOP, l’entreprise Gink’oop est née d’un constat, d’un manque. Sa cofondatrice, Valérie Tentelier, 32 ans, ancienne assistante commerciale, a longtemps participé à l’organisation du Festival des Vers Solidaires avec deux proches, Yvain Brochot et Fabien Bruel. La salariée ne s’imaginait pas particulièrement monter sa propre entreprise mais l’envie d’entreprendre s’est imposée à elle et ses acolytes, avec le temps. « À chaque édition du festival [qui  fêtera ses 10 ans en 2014], se posait la question des toilettes mobiles. On voulait des toilettes sèches, il n’y en avait pas près de chez nous, dans l’Aisne, alors on a fini par monter notre propre boîte de location et de vente de toilettes sèches ! », résume la jeune femme.

ginkoopYvain Brochot, Valérie Tentelier et Fabien Bruel et Gink’oop

Lemon tri, société fondée par deux amis d’enfance – Emmanuel Bardin et Augustin Jaclin, 27 ans chacun et tous deux passés par une école de commerce – répond elle aussi à un besoin. « On a toujours voulu travailler ensemble. Et, sensibles au développement durable, on constatait régulièrement combien le recyclage des emballages reste insuffisant en France », détaille Emmanuel Bardin. D’où l’idée de faire bouger les choses en proposant des machines qui recyclent gobelets, canettes, bouteilles plastiques…

lemontri-OKAugustin Jaclin et Emmanuel Bardin de Lemon tri

Être amis et associés, c’est forcément particulier. Pour Valérie Tentelier, finalement, ça facilite les choses, car leur équipe a des points de vue similaires sur ce qu’ils voulaient faire : « On se connaît bien donc on a toujours eu la même vision de l’avenir de notre société. Le passage en SCOP, par exemple, était naturel, on voulait être indépendants. Aucun de nous n’a freiné cette évolution ».

Se faire accompagner

Parce qu’entreprendre, c’est d’abord anticiper, ces jeunes créateurs ont cependant su faire appel à des compétences extérieures pour mener à bien leur projet : coopératives d’activités et d’emploi, parrains, cabinets de conseil ou bien agence d’ingénierie et de services.

Le trio de Gink’oop a ainsi fait le choix, en 2009, de créer sa société au sein de la Coopérative d’activités et d’emploi (CAE) Grands Ensembles. Une solution avantageuse, selon Evelyne Saint-Martin, directrice Picardie de la CAE : « La coopérative héberge juridiquement l’activité de l’entrepreneur et lui permet de la tester commercialement, sans risques. Accompagné, conseillé, l’entrepreneur est rémunéré par la CAE qui gère l’aspect administratif et lui propose une protection juridique et sociale ». Après deux ans d’accompagnement, les fondateurs ont pu s’émanciper et porter sereinement leur projet au sein d’une SCOP.

Dans le sud-ouest, à Rion-des-Landes, l’association C koi ça qui agit pour le respect des valeurs de la terre et la défense d’une agriculture durable, porte un ambitieux projet de jardin éducatif, baptisé éco-lieu Jeanot. Pour développer le domaine, ses fondateurs – une vingtaine de jeunes de moins de 30 ans – ont bénéficié du soutien du Dispositif Local d’Accompagnement. Conseils et transfert de compétences ont permis à C Koi ça de consolider son activité.

Il n’empêche que les décisions restent collégiales. A l’éco-lieu, on considère même que justement, le fait d’être amis d’enfance et d’avoir grandi dans le même village, facilite cette prise de décision.

Des débuts prometteurs

En 2013, la vingtaine d’administrateurs et les 8 permanents de Jeanot ont accueilli et sensibilisé près de 2.000 personnes quand Gink’oop emploie aujourd’hui 9 personnes et loue entre 40 et 50 toilettes sèches à des associations, des collectivités, des parcs naturels… Son chiffre d’affaires est passé de 85.000€ HT en 2011 à 180.000€ pour 2013.

Chez Lemon tri, les 7 employés gèrent désormais une cinquantaine de machines installées chez une quarantaine de clients dont Bouygues Télécom, L’Oréal, Michelin, Thalès… « On commence à équiper des stades, des centres commerciaux… On installe 4 à 5 machines par mois pour des contrats de trois à quatre ans, ce qui nous donne une certaine visibilité », précise Emmanuel Bardin. Des débuts prometteurs pour des jeunes – amis avant d’être entrepreneurs – qui ont su révéler le potentiel de leur projet. Leur recette ? Forte cohésion de groupe autour d’une idée porteuse de solutions et accompagnement ciblé.

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