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Reprise en Scop pour « être maîtres de notre avenir »

Publié le 17 décembre 2013

« Nous voulions prendre les décisions ensemble et être maîtres de notre avenir. » Après la liquidation de leur entreprise de menuiserie, Charente Idier Bois, un groupe de jeunes gens a décidé de la reprendre en Scop. Céline, la gérante, nous raconte cette aventure.

Ils sont cinq. Quatre garçons et une fille dans la vingtaine et la trentaine (sur sept employés, dont un apprenti). Lorsque leur entreprise –située dans la commune de Claix, en Charente – tombe en redressement judiciaire en juin 2013, ils décident de se battre pour que celle-ci continue d’exister.

Céline Lafont est alors responsable administrative et comptable de Charente Idier Bois. « La faillite de la menuiserie était due à un plantage sur un marché public [contrat conclu entre une entreprise et l’état, une collectivité territoriale ou un établissement public], sur lequel nous étions très mal payés. Nous l’avions accepté en 2011, à une époque où notre carnet de commande n’était pas très rempli. Cela nous a porté un coup », explique la jeune femme.

De nombreux appuis sur le territoire

Mais des clients, il y en a, les employés de Charente Idier Bois le savent. C’est pourquoi, lorsque le fondateur de l’entreprise, Joël Idier, leur suggère de reprendre l’entreprise en Scop (société coopérative et participative), ils hésitent peu.

Au fait, c’est quoi une coopérative ? Nos explications par ici.

Le concept ?  L’entreprise doit être dirigée démocratiquement  et affecter ses résultats en priorité au profit de son projet et de la pérennité des emplois. « Nous nous sommes rapprochés de la mairie et de l’Union régionale des Scop. Fin juillet, nous avons obtenu des financements : bourses de la région, prêts à taux zéro du Crédit mutuel et prêts d’honneur du département de la Charente ».

Cela leur permet de racheter les machines, les véhicules, le stock de l’entreprise, tout en continuant de louer les locaux.  Et ils devraient prochainement bénéficier d’un apport de Pôle emploi, en lieu et place de leur allocation chômage.

« Si l’on s’arrête à la peur, on ne fait rien ! »

Mais n’est-ce pas angoissant de se lancer ainsi ? « Si l’on s’arrête à la peur, on ne fait rien ! », tranche Céline, naturellement choisie pour être gérante du fait de son rôle dans l’entreprise. « Bien sûr, la crise est une réalité. Les particuliers qui représentaient 90% de l’activité de Charente Idier Bois ont moins d’argent», poursuit-elle.

Mais pour les aider, ils bénéficient toujours des conseils de Joël Idier, qui continue d’accompagner ses anciens employés. Par ailleurs, ils obéissent aujourd’hui à une règle d’or : « Pour qu’une décision soit prise, tous les sociétaires doivent être d’accord. Mais c’est dans notre culture, car nous avions déjà l’habitude de nous concerter auparavant ! » dit la jeune femme.

Vers une activité plus diversifiée

Pour l’heure, l’objectif est de trouver de nouveaux clients et de diversifier l’activité. « Nous sommes allés en octobre au salon de l’habitat pour faire connaître notre entreprise, nous nous déplaçons également chez les clients», explique Céline, à qui revient le gros de la partie communication. Elle souligne que ces temps-ci, les rénovations, et particulièrement l’isolation des habitats ont le vent en poupe, car l’Etat aide les foyers qui souhaitent rendre leur maison plus éco-responsable !

Autre terrain à conquérir : les appels d’offre. Charente Idier Bois est déjà candidat pour deux d’entre eux. La Scop compte également sur le réseau d’entreprise avec lequel elle a l’habitude de travailler, sur le bouche à oreille, et sur sa réputation de savoir-faire déjà bien établie !

La Scop, un schéma attractif pour les travailleurs… et les clients

« Nous avançons pas à pas. Nous faisons parfois des erreurs en remplissant les devis, par exemple, mais nous nous sommes fixés une mission : faire un travail de qualité. Cela sera reconnu. »

Le statut de Scop, ajoute Céline, séduit beaucoup les clients. « C’est un format solidaire, qui permet un épanouissement de ceux qui y travaillent. Quand les conditions sont bonnes, cela rejaillit sur la qualité du travail ! »  Si la saison hivernale est toujours creuse dans ce secteur, la jeune femme ne doute pas que les commandes afflueront à partir du printemps. Et c’est tout le mal qu’on leur souhaite !

Jérémie, photographe, travaille aussi au sein d’une coopérative. Son témoignage par ici
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Rédigé par

Anaëlle Guisset

2 commentaires

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