Dis-moi pourquoi tu bosses

Accompagnement de projets: mettre son expertise au service de la solidarité

Publié le 11 décembre 2013

Jean, chargé de mission pour France Active, aide les entreprises et associations d'utilité sociale ou créatrices d'emplois à élaborer leurs plans de financement. Il nous raconte.

La journée de Jean commence bien souvent par un rendez-vous. Ce jour-là, dans les locaux d’Afile 77, le fonds France Active de Seine-et-Marne, il reçoit des porteurs de projets qui veulent créer un télécentre en zone rurale à Trilport. Cathy et Matthias souhaitent mettre des bureaux en location pour les travailleurs indépendants ou entreprises des alentours. France Active, qui se présente comme un « financeur solidaire pour l’emploi », accompagne et soutient divers projets.

Business plan dans une main, calculette dans l’autre, Jean passe en revue avec eux les différents aspects du montage financier de l’entreprise en devenir. «Combien de salariés la première année ? Quels sont les prix de vos concurrents ?…»

Côtoyer des profils très divers

Jean ne doit rien laisser au hasard, car bientôt il devra présenter le projet de Cathy et Matthias à un comité qui validera, ou non, l’attribution de financements par France Active. Ce réseau de fonds destinés aux organisations solidaires ou créatrices d’emploi accorde des prêts à taux zéro et offre des garanties aux banques des porteurs de projets. Des aides indispensables pour la naissance du projet.

Si Catherine et Mathias peuvent bénéficier de l’expertise de Jean aujourd’hui, c’est parce que leur entreprise va contribuer à l’économie sociale et solidaire. Le futur télécentre est considéré comme éco-responsable car les personnes qui vont utiliser ces bureaux plutôt que de se rendre sur leur lieu de travail vont passer moins de temps dans les transports.

Mais le  jeune homme n’accompagne pas que des entreprises en création comme le télécentre. Il s’occupe de projets très divers : de la troupe de théâtre qui veut acheter du matériel, aux crèches ou maisons de retraites associatives qui veulent augmenter leurs effectifs, Jean est amené à côtoyer toute sorte de profils.

«Je ne suis pas là pour vendre un produit, je n’ai que des conseils à donner»

L’accompagnement commence par un échange téléphonique, pour s’assurer que le projet répond bien aux critères de France Active, puis il  se décline en plusieurs rendez-vous jusqu’à ce que la demande financement soit bien ficelée. Mais le jour de la présentation en comité, et c’est là toute la difficulté de sa mission, Jean doit rester impartial: il doit présenter le projet et non pas le défendre. «Parfois c’est compliqué, parce que j’accompagne des projets pendant plusieurs mois, et à la fin je dois rester neutre dans l’analyse…», confie-t-il.

Heureusement, rares sont les projets qui sont rejetés en comité : deux à trois par an sur une quinzaine en moyenne concernant le fonds Afile 77. De plus, sa double casquette d’accompagnateur et d’analyste ne nuit pas à sa relation avec les associations et entreprises qu’il suit. «On est en confiance, je ne suis pas là pour leur vendre un produit, je n’ai que des conseils à leur donner. C’est ce que j’aime mon travail», explique Jean.

Des liens durables avec les porteurs de projets

«Avoir un métier qui a du sens», Jean y tenait beaucoup. «J’ai fait un master d’économie à l’université de Rennes et j’ai toujours été dans des associations. Je voulais associer mes compétences et mes idées», raconte-t-il. C’est ainsi qu’il a commencé par faire un stage au sein de la coopérative de finance solidaire La Nef, puis a été recruté à Afile 77.

«Voir concrètement les effets des financements, c’est gratifiant», note-t-il. Car son accompagnement ne s’arrête pas une fois les fonds obtenus. Il reste en contact avec les porteurs de projet et leurs rend régulièrement visite pour voir comment ils utilisent les aides financières de France Active.

A force, des liens se créent, si bien que nombreux de ses rendez-vous se terminent par des discussions plus informelles à «parler de tout et de rien autour d’un café». Être chargé de mission France Active, c’est aussi savoir lâcher les chiffres pour prendre le temps de discuter.

Devenir chargé de mission

Chez France Active, les personnes au même poste que Jean ont généralement un niveau bac +5
Les formations les plus appropriées sont soit école de commerce soit master universitaire avec un axe gestion/comptabilité. Cependant, d’autres parcours sont possibles : par exemple une formation Sciences Po ou un diplôme d’ingénieur peuvent convenir si la personne a des connaissances en gestion et analyse financière.

Image writer

Rédigé par

Héloïse Leussier

1 commentaire

Cliquez sur le + pour voir les commentaires. Et remplissez le formulaire ci-dessous pour commenter un article.
Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

image commentary

Jean-Pierre

Publié le 11 décembre 2013

Quel bel article! Ca donne envie d'être Jean!

Sur le même thème

Décryptage

  • Recycles © Kamel Secraoui

    Quand les chambres à air deviennent ceinture et les mobiles retrouvent une jeunesse

    Lire la suite
  • L’ESS, à quoi ça sert ?

    Lire la suite
  • La finance solidaire, ça concerne tout le monde!

    Lire la suite
  • C’est quoi, l’économie circulaire?

    Lire la suite

Say yess tv

  • Toit à Moi, un concept innovant pour réinsérer les sans-abris

    SideWays #2 - Toit à Moi - Un concept innovant pour réinsérer les sans-abris
    icone-youtube-play

    Par: Sideways

  • Les makers défont le handicap

    Les makers défont le handicap - Solidarum
    icone-youtube-play

    Par: Solidarum

  • C’est pas du gâteau

    icone-youtube-play

    Par: Udes

Nos derniers articles

AJL Cérémonie OUT D'OR
Solidarités

Des associations améliorent la vie des personnes transgenres

Un peu partout en France, des associations luttent contre l’exclusion et les violences exercées contre les personnes transgenres et les accompagnent dans leur transition. Le combat avance, à petits pas.

Rédigé par Pauline Bian-Gazeau
le 17 novembre 2017 En savoir plus

Etudes & formations

Quête de sens : les étudiants ingénieurs renversent la table !

De plus en plus d’étudiants en écoles d’ingénieurs sont tentés par des carrières en marge des grandes entreprises auxquelles ils étaient destinés. Ils cherchent un métier qui répond mieux à leurs valeurs, au point de rejoindre des associations, de créer des collectifs ou de monter leur propre activité.

Rédigé par Marie Le Douaran
le 15 novembre 2017 En savoir plus

Monter son projet étudiant Pépite Pon
Entreprendre, mode d'emploi

10 conseils pour monter son projet étudiant

Créer son association, son projet d’entrepreneuriat social quand on est étudiant, c’est possible ! Voici 10 conseils pour mener à bien son projet.

Rédigé par Emmanuelle Genoud
le 13 novembre 2017 En savoir plus

Afin d'améliorer votre expérience, Say Yess utilise des cookies. En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l’utilisation des cookies, pour nous aider à analyser les audiences de ce site.
En savoir plus
Votre commentaire a bien été soumis. Il est en attente de validation.