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Simplon.co : former au web ceux qui veulent aider les autres

Publié le 4 septembre 2013

Zoom sur cette formation solidaire à destination de jeunes qui ont un projet web dans l’économie sociale.

C’est une ancienne usine de latex dans la ville de Montreuil, en Seine-Saint-Denis. Un bâtiment de briques, éclairé par de grandes baies vitrées. Après une reconversion en studio de cinéma, il s’apprête aujourd’hui à connaître une nouvelle aventure, celle de Simplon.co. Une entreprise sociale et solidaire qui veut former des jeunes issus de milieux modestes au développement web. Le tout en étant rémunéré.

Erwan KezzarLe pari a été lancé par quatre entrepreneurs : Andrei Vladescu-Olt, Erwan Kezzar, Frédéric Bardeau et Victor Defontaine. « On avait envie d’aller vers quelque chose d’utile et de rendre la pièce qui nous avait été donnée à une époque. Avec Andrei on ne vient pas particulièrement de milieux où on réussit prioritairement. Mais des professeurs et des gens nous ont un peu boostés dans notre parcours : on avait envie de redonner ça à certaines personnes qui ont du potentiel mais qui n’avaient pas toutes les opportunités pour le réaliser », explique Erwan Kezzar, qui vient d’une agence web.

Lundi 2 septembre, une dizaine de ces futurs étudiants de 18 à 45 ans assistaient à leur pré-rentrée. MAD (son pseudo), 32 ans, a entendu parler de Simplon.co à la radio. « J’ai beaucoup aimé le concept, l’éthique et le côté high-tech. » A un moment où le jeune homme cherche à se reconvertir, Simplon.co est tombé à pic.

Appliquer l’informatique à l’associatif

Titulaire d’un master en sciences politiques et diplômé d’une école de commerce, Mad est surtout très impliqué dans la vie associative. « J’ai le sentiment de me sentir utile. On vient pour donner, mais on apprend plus des gens. C’est cette force de l’associatif qui m’a donné envie de me pencher sur la question suivante : savoir si je peux m’appuyer sur mon cœur de métier, l’informatique, et l’appliquer à quelque chose de beaucoup plus tangible, qui est l’associatif, où les besoins sont réels. Mon but c’était de faire le lien entre ces deux sphères qui me sont communes

Mad

Il arrive à Simplon.co avec un projet dans ses valises : monter une plate-forme web associative dans laquelle bénévoles, associations mais aussi élus ou entreprises locaux pourraient collaborer. Car c’est le concept de la formation : les élèves arrivent avec un projet solidaire dans un coin de leur tête. Simplon.co les accompagnera pour le code mais aussi pour la réalisation de leur projet.

>> Envie de postuler à Simplon.co ? C’est par là

Yacine, tout juste 18 ans, se passionne pour la lutte contre la malnutrition infantile. « Un enfant qui meurt, ce n’est pas logique. Ca ne devrait pas exister. Avec Letra, je suis persuadé qu’on va pouvoir sauver beaucoup d’enfants. On doit le faire et on va le faire », scande-t-il. Letra, c’est son projet : permettre à des entreprises d’envoyer du courrier simplement via Internet. Un service payant, mais dont une partie des fonds seront reversés à des associations. « C’est encore en pleine réflexion sur la manière ou les pays qu’on pourra aider. C’est là que Simplon va m’accompagner : dans la phase de développement », confie le jeune homme, qui sort d’un bac pro télécommunication-réseau.

« La formation rêvée »

Yacine« C’est la formation rêvée parce qu’elle s’adapte parfaitement à mes besoins, poursuit-il. Elle va me former dans tout ce qui est code et dans tout ce qui est entrepreneurial », explique Yacine. Surtout que pendant les 6 mois de formation, il pourra toucher une rémunération. Les modalités seront adaptées en fonction du budget et du profil de l’étudiant : CDD chez Simplon.co, contrat d’avenir, contrat pro avec une entreprise pendant un an ou encore bourse. « Je n’aurais pas pu financer une formation similaire et je n’aurais sans doute pas pu financer le projet vu que je n’ai pas les moyens d’employer un développeur. Donc Simplon c’est vraiment le seul moyen à l’heure actuelle de développer Letra. »

Pour parvenir à cet objectif, les fondateurs de Simplon.co sont encore en pourparlers avec des partenaires pour du sponsoring ou du mécénat. « Notre modèle économique est sur fonds propres, explique Erwan Kezzar. On a mis tout ce qu’on avait, avec un concours bancaire pour les travaux de l’ancienne usine que nous occupons. On gagne de l’argent en faisant de la prestation, donc on donne de l’huile de coude ! ». Et pour compléter le tout, une campagne de crowdfunding est en cours. Objectif : pouvoir former 24 personnes dès mi-octobre. D’ici là, les plus motivés, comme Mad et Yacine, sont déjà penchés sur leurs ordinateurs pour une initiation informelle.

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Oriane Raffin

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